Bénédiction de Dieu sur la maison — texte trouvé sur un médaillon, lu lors de la messe de requiem pour A. G. Matoš.
Le texte du médaillon dit : Bénédiction de Dieu sur la maison/Là où est la foi — là est l'amour/Là où est l'amour — là aussi la paix/Et là où est la paix — là Dieu règne, père de ta demeure.
« Les anciens sentaient que notre corps est une maison. Car n'est homme que celui qui est maison vivante de Dieu : templum Dei absconditi (temple du Dieu caché), église vivante, où l'esprit est le prêtre, le cœur l'autel. Les yeux — deux fenêtres merveilleuses. »
A. G. Matoš
« Nos auteurs déjà connus dans ces pages, Raffaella et Ciro, dans leur livre "Il faut Nazareth" (C'è bisogno di Nazaret), se sont donné pour tâche de chercher des réponses à ce que les Évangiles ne nous disent pas sur la vie de la Sainte Famille. Leur ouvrage aide les lecteurs à entrer dans la maison de la Sainte Famille à Nazareth pour imaginer les jours, les sentiments, les décisions difficiles, les joies indescriptibles. Mais non pour raconter des contes de fées, plutôt pour aider chacun de nous à éclairer sa propre histoire par l'apparition de la gloire du Seigneur. »
La plus grande partie de la vie de Jésus se déroule à Nazareth, dans la maison de Joseph et de Marie. Ces quelque trente années sont décrites comme les années « cachées », car l'Écriture sainte garde le silence à leur sujet, un silence interrompu seulement par deux événements : la fuite de la Sainte Famille en Égypte et le retrouvement de Jésus au Temple à l'âge de douze ans. Ces trois décennies furent probablement passées dans les occupations habituelles de la vie quotidienne à Nazareth.
« Convier quelqu'un, c'est se charger de son bonheur
pendant tout le temps qu'il est
sous notre toit (à notre table) »
Anthelme Brillat-Savarin
« À table s'assoient des personnes qui partagent la même vie, ou que la vie unit étroitement en quelque chose. La table devient le lieu de manifestation et de partage de cette communion. Inviter quelqu'un à table ne se réduit donc pas à « donner à manger ». Recevoir quelqu'un à sa table signifie lui faire une place dans sa propre vie, partager avec lui la vie, communiquer dans ce qui façonne la vie. Refuser à quelqu'un une place à table signifie le priver de communion. ».
« Le repas nous révèle tels que nous sommes. Il nous révèle à nous-mêmes tels que nous sommes et nous oriente vers les autres. La manière dont nous prenons nos repas manifeste nos habitudes, nos désirs, la maturité de nos relations aux autres, notre responsabilité à leur égard, l'art de reconnaître les dons reçus, et l'humilité toujours reconnaissante pour tout ce que nous recevons ».
Noël est le moment le plus propice de l'année pour exprimer et partager la force de la bonté, de l'amour qui se donne et se reçoit, avant tout en famille, auprès des personnes qui s'aiment.
Dans la magie de l'esprit de Noël, nous pouvons tous retrouver dans nos cœurs cette précieuse ingénuité que nous avions enfants : cette inclination à la bonté et à la sincérité que nous devons cultiver à chaque âge de la vie.
Andrea Bocelli
Le ténor d'opéra Andrea Bocelli a publié un nouvel album de Noël, sur lequel il chante chaque chanson avec son fils Matteo et sa fille Virginia, intitulé « A Family Christmas ». Bien que Matteo (24 ans) n'ait pas encore tout à fait la maturité musicale de son père, il lui ressemble beaucoup. De son côté, Virginia, la fille de 10 ans d'Andrea, apporte à tout l'album une fantastique innocence enfantine. Bien qu'encore une petite fille, elle montre une capacité d'interprétation musicale dont son père devrait être fier.
Nous sommes particulièrement touchés par la chanson « Il Giorno più Speciale ». Cette chanson paraît beaucoup plus personnelle que les autres chansons de l'album. Une famille qui chante ensemble — cela ressemble presque à un chant de famille improvisé la veille de Noël.
« Notre principal devoir est de veiller et d'agir pour que, chez nous aussi, la vie familiale se maintienne et se conserve dans toute sa pureté, son intégrité et sa vigueur. »
Josip Juraj Strossmayer
D'après Strossmayer, la famille et le foyer familial sont un lieu de chaleur et d'amour, et à ce titre irremplaçables pour la société et pour l'Église. Dans sa sagesse, Dieu donne à certains peuples des familles particulières d'où sortent ensuite les grands hommes de l'histoire, tout cela en vue de l'accomplissement des desseins de Dieu. L'expression « maison domestique », Strossmayer l'interprète comme ce lieu que l'Église catholique s'est toujours efforcée de transformer en « église domestique » : « Les fidèles contribueront au bien du peuple s'ils accomplissent leur saint devoir en transformant leurs maisons en images vivantes de la maison de Nazareth, et si les parents et les anciens deviennent, d'une certaine manière, pour leurs cadets, comme des prêtres du foyer. » De telles familles ont pour tâche de garder et d'observer, dans leur maison, la foi, la prière et la piété : « Ceux, messieurs, qui nous ont donné la vie et nous ont élevés, qui nous ont donné et nourri notre corps et notre vie corporelle, méritent pour cela notre reconnaissance éternelle, notre éternelle gratitude ; mais ceux qui nous procurent les moyens d'une formation spirituelle plus haute nous donnent une vie plus haute, qui vaut d'autant plus que la première que le ciel vaut plus que la terre, l'esprit plus que le corps, les biens de l'âme plus que les biens du corps. Ce sont là nos parents spirituels, à qui nous ne pourrons jamais témoigner assez de reconnaissance, jamais assez de gratitude. »
Un père presse son fils de poursuivre seul la route, de refaire, désormais sans lui, tout ce qu'ils avaient fait ensemble.
Le fils voudrait rester auprès de lui.
Mais le père insiste : il doit continuer à porter en lui cette flamme, la vie.
Ces jours-ci, nous sommes témoins d'images de mères et de pères afghans confiant leurs enfants à des soldats et les faisant « passer » par-dessus le mur, les abandonnant et, ce faisant, au prix d'une douleur insoutenable, les sauvant. Sur la photographie, on voit un père qui lève le bras, tenant dans sa main son fils qu'il remet, comme un panier de vivres, comme une offrande, comme un témoignage, à un inconnu total - un soldat en tenue de combat complète, portant une arme menaçante et mortelle.
Jokébed, la mère de Moïse, a fait quelque chose de semblable : elle a poussé son fils, dans son désespoir, dans les eaux du Nil, essayant ainsi de le sauver. Elle l'abandonne pour qu'il soit sauvé.
Qu'est-ce qui peut pousser des parents à faire quelque chose d'aussi dramatique, d'aussi douloureux ?
Le père Marko Ivan Rupnik, artiste slovène, jésuite, est l'auteur de l'image officielle de la Rencontre mondiale des familles présentée au Vatican. La Rencontre mondiale des familles, qui se tiendra à Rome du 22 au 26 juin 2022 sous la devise « L'amour familial : vocation et chemin de sainteté », doit aussi clore l'Année de la famille Amoris laetitia. La rencontre devait avoir lieu cette année, mais elle a été reportée à 2022 en raison de la pandémie de coronavirus. Le tableau « C'est là un grand mystère », de 80×80 cm, aux couleurs claires et chaudes - jaune, orange et rouge -, représente la scène biblique des noces de Cana et veut signifier, selon les mots de l'artiste, que la famille est l'expression du sacrement du mariage. Il enseigne à l'université grégorienne de Rome. Jusqu'à l'année dernière, il dirigeait le centre spirituel et culturel « Aletti », et ses mosaïques et ses œuvres sacrées ornent plus de 220 lieux à travers le monde. Il anime des retraites spirituelles et est aussi conseiller auprès de plusieurs congrégations romaines.
Nous publions la catéchèse de l'auteur de l'image lui-même sur le mystère du mariage et de la famille dans une perspective chrétienne, à travers les « Noces de Cana », mais aussi telle que l'artiste la voit lui-même.
Il y a quelques jours, le monde a célébré les soixante ans du premier vol de l'homme dans l'espace. C'était Youri Gagarine.
Nous publions la lettre que Youri Gagarine écrivit à sa femme et à ses filles deux jours avant son premier vol dans l'espace, le 12 avril 1961, ainsi que de très intéressants aperçus de leur vie familiale.
La lettre devait être remise à son épouse Valentina si quelque chose tournait mal. En réalité, la mission fut un succès et, après une heure et 48 minutes de vol, Gagarine revint sur terre en atterrissant dans la région de Saratov, à environ 850 kilomètres au sud-est de Moscou. Cependant, ce qui constituait son testament spirituel ne parvint à son épouse que sept ans plus tard, le 27 mars 1968, lorsqu'il perdit la vie dans un accident d'avion. Dans cette émouvante lettre d'adieu se trouvent des mots très forts sur l'engagement de l'homme envers sa vocation et sa vie, nous rappelant au passage le premier voyage de l'homme dans l'espace.
Ces jours-ci, tout autour de nous est empreint, d’un côté, de naissance, et de l’autre, de mort. D’un côté la joie de Noël, de l’autre la peur et la souffrance causées par la pandémie de coronavirus et le violent séisme qui a détruit de nombreuses maisons à Petrinja, Sisak, Glina et dans les localités environnantes. De nombreuses familles se sont retrouvées sans domicile. Nous présentons un article consacré à la Sainte Famille, qui se trouve en exil sur la route de l’Égypte, et donc à chaque famille en difficulté. Ils fuient devant Hérode, qui veut ôter la vie à l’Enfant Jésus tout juste né. Ce mystère de la fuite de la Famille et de la proximité de Dieu nous sera éclairé par le tableau «Le Repos pendant la fuite en Égypte», peint en 1597 par le Caravage. Il se trouve dans l’église Sainte-Agnès, sur la magnifique place Navone, et était destiné comme cadeau de mariage à Olimpia Aldobrandini, qui épousa le prince Camillo Pamphili.
La maison est un lieu de mémoire ; notre vie s'y trouve imprimée, et avec elle les joies, les douleurs, les contradictions et les espoirs.C'est là que nous élevons nos enfants, c'est là que meurent nos amis, c'est là que naît l'amour et que se vit la maladie.Le lieu où nous vivons a quelque chose à voir avec la mémoire, les sentiments, les désirs concrets et les relations mutuelles. Le sens premier de la maison est donc un lieu de rassemblement et d'union. Freud a écrit que la maison est un substitut du ventre maternel, la première demeure de la personne humaine, après laquelle, selon toute vraisemblance, l'homme ne cesse jamais de soupirer, car il s'y est senti en sécurité et à l'aise.
La Rome antique, avec toute sa splendeur, l'héritage transmis à travers de nombreuses œuvres d'art conservées et tout ce qui lui vaudra le nom de berceau de la civilisation, est décrite dans de nombreuses œuvres d'auteurs ayant vécu à l'époque de son apogée, mais aussi des siècles après la chute de l'Empire. Rome connaît son plus grand essor sous l'empereur Auguste, au Ier siècle av. J.-C., quand, après la victoire sur Cléopâtre à la bataille d'Actium en 31 av. J.-C., l'Empire retrouve la paix intérieure, cette victoire marquant la fin des longues guerres que les Romains avaient menées jusque-là. Peu après avoir consolidé sa position politique, l'empereur Auguste entreprend des réformes au sein de l'Empire. De nombreuses lois furent promulguées dans l'intention de renforcer la famille et l'économie, qui avaient subi de lourdes pertes à cause des guerres.
Le jour où l'Église célèbre la mémoire des saints Joachim et Anne, le « grand-père et la grand-mère » de Jésus, le pape François a invité les jeunes à faire un geste de tendresse envers les personnes âgées, en particulier celles qui sont seules, chez elles ou en maison de retraite, celles qui n'ont pas vu leurs proches depuis plusieurs mois. « Chers jeunes, chacune de ces personnes âgées est votre grand-père ! Ne les laissez pas seules ! Usez de l'imagination de l'amour : téléphonez-leur, contactez-les par appel vidéo, envoyez-leur des messages, écoutez-les et, si c'est possible et conforme aux règles sanitaires, allez leur rendre visite. Envoyez-leur une accolade. Ils sont vos racines. Un arbre séparé de ses racines ne pousse plus, ne donne ni fleur ni fruit. C'est pourquoi il est important d'être unis et reliés à ses propres racines. "Ce qui a fleuri sur l'arbre vient de ce qui est sous la terre" – dit le poète argentin Luis Bernárdez. C'est pourquoi je vous invite à applaudir chaleureusement toutes nos grands-mères et tous nos grands-pères ! », conclut le pape François.
Mon cœur me dit : « Cherche sa face ! » C'est ta face, Yahvé, que je cherche. (Ps 27,8)
Nous vivons en un temps de visage perdu. L'homme ne peut pas vivre sans la présence du visage de l'autre. Il ne peut pas voir son propre visage ; il n'est pas possible d'avoir une relation exclusivement avec son propre visage. Nous avons besoin d'un visage qui soit différent du nôtre. Le miroir n'aide pas. Dans cette perte du visage, parce que nous avons perdu le visage de Dieu, nous avons aussi perdu le temps dont nous avons besoin, ce temps qui nous est donné pour trouver un visage. C'est pourquoi nous sommes toujours pressés. Pour contempler le visage de l'autre, il faut du temps. C'est extrêmement important.
Cardinal Farrell : une proposition concrète pour être « Église domestique »
Hier, mon ami Géza m'a appelé de Budapest. Nous avons surtout parlé de la façon dont nous vivons cette période à la maison avec les nôtres. À un moment donné, Géza m'a dit qu'ils étaient heureux car, dans l'isolement où nous nous trouvons soudain, ils ont leur propre maison, peuvent sortir au jardin, se promener, etc.
Puis il a ajouté : « Nous ne savions même pas jusqu'à maintenant combien nous étions riches. Nous sommes cinq à la maison. Nous avons transformé la maison en foyer, en église, en bureau, en atelier, en terrain de jeu… La maison a soudain pris des dimensions que nous ne connaissions pas jusque-là. Nous nous sentons vraiment enrichis, surtout en ce qui concerne les relations entre nous. »
Géza a exprimé ce que le cardinal Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, a écrit dans sa lettre publiée il y a trois jours dans l'Osservatore Romano. Le cardinal souligne le trésor caché que nous avons et le trésor caché que nous sommes, nous, en tant que famille. Nous vous livrons des extraits de la lettre.
« Il a toujours été pour moi un réconfort (un conseiller) et un soutien. »
Les derniers mots que Zélie écrivit à son époux furent : « Je suis toute à toi. »
Sainte Zélie
« Je sens que notre famille, bien que modeste,
soit honorée par le fait que notre admirable Créateur l'ait comptée parmi ses privilégiées. »
Saint Louis
Les Martin vivaient au rythme des fêtes liturgiques. Les parents commençaient leur journée de travail par la messe, tous les matins à cinq heures et demie. L'influence de M. Martin s'étendait à tout un cercle d'amis. Beaucoup d'entre eux, sans Louis, se seraient sans doute contentés des seuls plaisirs mondains. Il les attirait à fréquenter le cercle catholique, il les enthousiasmait pour les fêtes de la paroisse et pour la visite des malades. Ils n'étaient pas tournés vers eux-mêmes, mais attentifs à ce qui se passait autour d'eux.
« J'ai été bénie d'avoir des saints pour parents. »
« Le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre. »
Sainte Thérèse de Lisieux
« Il régnait entre nos parents une entente parfaite,
bien qu'il leur arrivât de ne pas partager les mêmes vues sur certains points. »
Sa fille Céline
Les époux saint Louis Martin (1823-1894) et sainte Marie-Zélie Guérin (1831-1877) sont le premier couple marié de l'histoire de l'Église catholique à avoir été canonisé ensemble. Ils sont aussi les premiers parents d'une sainte à avoir été proclamés bienheureux. Ils n'ont pas été canonisés parce qu'ils ont eu une fille sainte, sainte Thérèse de Lisieux, mais parce qu'ils ont eux-mêmes vécu une vie de sainteté.
en une grande fleur descendait, que tant de pétales ornaient,
puis de là s'élevait où l'amour lui serait à jamais.
De tous les visages jaillit une flamme vive...
car la lumière divine s'entrelace
à travers tout l'univers, selon sa valeur,
et rien ne peut l'entraver.
Ce royaume de joie et d'ordre,
peuple ancien et nouveau le composent,
que le regard et l'amour unissent en un seul signe.
Ô lumière trine,
qui, d'une seule étoile ardente, nourris leur regard,
abaisse ton regard vers notre tempête, ici-bas !
Dante, Paradis, chant XXXI
Comment le mariage est-il possible, si cette volonté, la mienne, entêtée, obstinée, orgueilleuse, je ne veux pas dire que c'est seulement Filip ou Karla, mais nous tous, si cette volonté nôtre et notre idolâtrie ne se soumettent pas à la volonté céleste, à la volonté de Dieu… C'est pourquoi nous disons que le mariage chrétien est un mariage à trois : le mari, la femme et Jésus-Christ. On l'écoute, Lui. Il est la tête. Il se soumet à la volonté du Père.
Homélie du père Antun Nižetić, cathédrale Sainte-Anastasie - Zadar, 13.05.2023.
« L'amitié entre le mari et la femme semble exister selon la nature ; car l'homme est par nature davantage porté à vivre à deux qu'à vivre en cité, la maison étant elle-même antérieure à la cité. »
« Celui qui ne peut vivre en société, ou qui n'en a nul besoin parce qu'il se suffit à lui-même, n'est en rien une partie de la cité : il est une bête ou un dieu. »
Aristote
Martin Buber affirme : « Au commencement est la relation. » La relation (Beziehnung) nous conduit à la rencontre (Begegnung).
Dans la Bible, les querelles familiales et conjugales sont presque identiques à celles de notre époque. Déjà à cette époque, les schémas de comportement conjugal dans les querelles étaient bien connus et très actuels. Ces schémas peuvent se résumer selon les modèles de comportement suivants des époux :
- « rejeter la faute sur l'autre conjoint » (« ce n'est pas moi, c'est... »)
- « les crises de jalousie » (« où étais-tu ? »)
- « les enfants comme source de problèmes conjugaux » (« il/elle ne fait jamais rien de bien »)
- « la stérilité du mari ou de la femme » (« nous voilà seuls »)
- « l'homme macho et la femme bonne » (« femme sage, mari sot »).
Tout cela, et bien plus encore, nous le retrouvons dans les histoires conjugales d'aujourd'hui. Nous avons choisi quelques récits bibliques caractéristiques de querelles conjugales qui ont laissé une trace profonde dans le récit biblique comme dans l'histoire, c'est-à-dire quelques couples bibliques avec une sorte de « devise » du différend autour duquel se déroulaient leurs querelles : Adam et Ève (« ce n'est pas moi ») ; Sara et Abraham (« nous voilà seuls ») ; Isaac et Rébecca (« grands enfants, grands soucis ») ; Rachel et Jacob (« j'en ai assez de tout ») ; Nabal et Abigaïl (« la belle et le sot »).
Nous avons vécu un demi-siècle dans un mariage heureux.
Notre mariage était idéal. Si l'on pouvait en faire une publicité, je dirais : « Vivez votre mariage comme Cvijeta et moi ! ». Elle a été le bonheur de ma vie. Je demande que cela ne soit pas pris pour une banalité.
L'ennui a toujours été un mot étranger et inconnu dans notre vie.
Au-delà de la découverte des villes, les espaces de silence nous attiraient.
Il y a deux jours, à 94 ans, est décédé l'académicien Viktor Žmegač, un homme singulier : affable, calme, fiable, précis. Tel un homme de la Renaissance, il sait énormément de choses sur les faits, les événements, les gens, les pays, l'art, la vie – et même trop. Il est aimable. Rigoureux, même envers lui-même. Il est germaniste et croatiste, professeur émérite de la Faculté de philosophie et lettres de Zagreb, écrivain, historien, musicologue, théoricien de la littérature et de l'art, écrivain voyageur.
Ces quinze dernières années, le professeur Žmegač a écrit une dizaine de livres remarquables sur la civilisation, la culture et l'art de l'Europe. Il aime par-dessus tout la culture et l'art de l'Europe, qu'il considère comme le centre de notre planète. C'est un érudit. Un érudit de premier ordre. Voilà qui il est : quelqu'un qui connaît en profondeur ce dont il s'occupe ou ce qu'il étudie.
Il a été marié à Cvijeta, autrice de manuels d'allemand et remarquable enseignante dans des écoles de langues étrangères : «Je l'ai aimée immensément, du premier jour jusqu'à sa mort. Nous avons vécu un demi-siècle dans un mariage heureux. Les années qui ont suivi, jusqu'à la fin, ont été l'unique tragédie de ma vie. Elle a dû vivre dans une maison de retraite, dans un état de plus en plus grave. Elle a été frappée par une maladie incurable à évolution lente. Il n'existe pas de traitement. Aujourd'hui encore, il ne se passe pas un jour sans que je me souvienne d'épisodes de notre mariage. Elle n'était pas seulement belle, tendre, dévouée à sa famille ; elle était aussi extrêmement spirituelle, pleine de blagues et de reparties. Notre mariage était idéal. Si l'on pouvait en faire une publicité, je dirais : « Vivez votre mariage comme Cvijeta et moi ! ». Elle a été le bonheur de ma vie. Je demande que cela ne soit pas pris pour une banalité.
Je suis entré dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée
Là, je te donnerai mon amour
J'ai trouvé celui que mon cœur aime
Je l'ai saisi, et ne le lâcherai plus
La Bible commence par un jardin, le jardin que Dieu planta en Éden (cf. Gn 2,8), et s'achève par l'évocation d'une ville-jardin, la Jérusalem céleste : "Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne douze récoltes, une chaque mois ; et les feuilles de l'arbre servent à la guérison des nations" (Ap 22,2). Au centre de la Bible aussi se trouve un jardin, celui du Cantique des cantiques, dont le rabbin Aqiba disait qu'il était le "Saint des saints" de l'Écriture ; on y trouve un jardin aux eaux vives et aux arbres en fleurs.
Nous voudrions réfléchir à cette double perspective, qui relie le "mystère" du jardin à celui du couple humain. Pourquoi le couple se donne-t-il rendez-vous dans un jardin ? Comment la figure anthropologique et cosmique du couple dans le jardin est-elle porteuse d'une vérité théologique ? Le Cantique des cantiques offrira le "cadre" de cette réflexion ; c'est justement dans les pages du Cantique que s'exprime le plus explicitement l'invitation des amants à se rendre au jardin : „Que mon bien-aimé entre dans son jardin [...]. Je suis entré dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée" (Ct 4, 16-5,1). Nous parlerons du réseau des racines communes, du soin du foyer commun, de l'amour dans la famille. Le couple envisagé dans ce contexte s'ouvre au dessein divin, à une vie en plénitude, aux fruits multiples.
Un poème moderne de Mate Marčinko prête ici sa voix à Katarina, qui s'adresse à son époux et confie que, les yeux secs, elle ne veut pourtant pas cacher son amour.
Elle lui demande pardon et pleure à l'avance l'étreinte qu'elle ne pourra plus lui donner à son retour du combat.
Le poème imagine Petar prêt à affronter la mort sans crainte, debout avec la fierté digne d'un grand seigneur et d'un Croate, face au bourreau.
Katarina demande enfin qu'on la laisse, elle, être femme : pleurer, se lamenter et laisser éclater son cœur déchiré.
Mate Marčinko
Le mariage entre Ana Katarina Frankopan et Petar Zrinski eut lieu à Karlovac, et la fête se déroula à Ozalj le 27 octobre 1641. Il unit les deux familles nobles croates les plus puissantes, les Zrinski et les Frankopan. Ils eurent quatre enfants : Jelena, Judita Petronila, Ivan Antun Baltazar et Aurora Veronika.
Katarina épousa Petar à 16 ans, et dès lors vécut avec son époux à Ozalj, visitant aussi occasionnellement Čakovec, où elle s'installerait avec son mari après la mort tragique du frère de celui-ci, le ban de Croatie Nikola Zrinski. Elle séjournait aussi de temps à autre dans d'autres domaines des Zrinski et des Frankopan — à Vrbovec, à Grobnik, à Kraljevica et à Novi Bribir. Tous ces domaines n'étaient pas seulement des exploitations agricoles, mais aussi des centres de vie publique et culturelle où l'on parlait croate — en kajkavien, en čakavien et en štokavien —, où l'on écrivait et débattait de sujets nationaux et mondiaux, où l'on cultivait la littérature, l'art et la culture.
Nous présentons ici l'histoire conjugale, familiale et patriotique de Petar et Katarina Zrinski, ainsi que la lettre d'adieu qu'il écrivit à son épouse bien-aimée avant son exécution.
«Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur» (Rm 8, 38-39)
En 1842, Jacobus Warnerus Constantinus van Gorkum (1809-1880), colonel de 33 ans dans la cavalerie néerlandaise, épousa une femme de 22 ans issue de la noblesse, Jonkvrouwe Josephina Carolina Petronella Hubertina van Aefferden (1820-1888). Ce mariage fut extrêmement controversé, non pas tant en raison de leur différence de rang, mais surtout à cause de la différence de confession - van Gorkum était protestant, van Aefferden était catholique. Les deux communautés vivaient dans une grande hostilité l'une envers l'autre. Ils tombèrent amoureux l'un de l'autre, mais leur désir de se marier se heurta à une forte opposition, en raison des différences de religion, de statut, de fortune, d'appartenance politique et d'origine. Malgré ces objections, ils se marièrent en 1842 et connurent un mariage heureux pendant près de trente-huit ans. Leur union fut bénie par trois enfants : deux fils et une fille. Josephina resta catholique, Jacobus resta protestant, et le couple parvint, d'une manière ou d'une autre, à braver l'hostilité considérable venue des deux côtés, jusqu'à ce que la mort les sépare temporairement.
Nous publions l’histoire du couple marié Ciro Piccolo et Raffaella Esposito Corcione, coauteurs d’un manuel destiné aux jeunes couples sur le thème des fréquentations (Il Manuale del corteggiamento). Ils nous livrent leur témoignage sur la beauté et la profondeur de leur relation, et sur la manière dont l’usage des méthodes naturelles peut être une grande aide dans le mariage. C’est un savoir que toute femme et tout homme devrait posséder !Janet Smith dit : «Le fait que les couples qui utilisent la planification familiale naturelle ne se séparent presque jamais en dit long. La planification naturelle est bien plus que de l’abstinence. C’est une méthode qui exige beaucoup de communication et des valeurs communes».
L’infidélité est l’une des expériences les plus douloureuses de la vie. Nous restons trop longtemps dans cette douleur, nous nous noyons dans la colère, la rage et la blessure. L’angoisse que nous ressentons mord de son tranchant jusque dans d’autres domaines de notre vie. Nous devenons impuissants, car nous commençons à douter de tout ce qui compte pour nous, de tout ce qui, jusqu’alors, était bon et précieux dans notre vie. La vie se transforme en simple survie. Tout, pourvu que nous évitions l’image de la personne à qui nous nous étions donnés et à qui nous avions promis fidélité, désormais dans les bras d’un autre ou d’une autre. Dans tous les cas, c’est un coup qui bouleverse la vie dans ses fondements mêmes, aussi bien pour celui qui a été infidèle que pour celui qui a découvert l’infidélité.
Que faire, et comment continuer, après l’infidélité ?
Je voudrais vous raconter l’histoire conjugale marquée par l’épreuve de l’infidélité du mari d’Elisabetta Canori Mora, que le saint pape Jean-Paul II a béatifiée en 1994. Elle a vécu à Rome, en Italie, à la charnière du dix-huitième et du dix-neuvième siècle. À travers l’histoire de l’infidélité de son époux Cristoforo, l’homme d’aujourd’hui, dans un monde où les statistiques montrent qu’ un couple sur trois divorce, peut apprendre comment l’épreuve des mariages en conflit ne se termine pas nécessairement par un divorce ou une thérapie de longue durée, mais peut se transformer entièrement en la beauté de la présence de Dieu sur la terre.
Il y a quelques jours a été commémoré le 75e anniversaire du largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Dans cet article, nous présentons l'histoire conjugale et familiale de Paul Nagai Takashi et de Midori Moriyama, sa conversion et leur témoignage commun de fidélité familiale et conjugale, d'amour chrétien et d'engagement pour la paix.
En poursuivant notre série de textes sur les couples bibliques, nous voici devant un véritable défi. Vient maintenant le tour de Noé, dixième patriarche biblique depuis Adam. Mais l'intention, et en même temps le défi, de ce texte est de faire connaître la compagne de vie de Noé. Procédons par ordre.
Nous nous étonnons peu que la Zadar chrétienne n'ait pas de saints autochtones, que les saints vénérés dans notre ville, comme Anastasie (Stošija), Chrysogone (Kršćevan) et le vieillard Siméon, soient venus d'ailleurs. Le seul reconnu bienheureux par l'Église est Jacques de Zadar, et lui aussi s'est illustré et est mort en Italie, à Bitetto près de Bari. Nous devons donc reconnaître que nous sommes, en un sens, pauvres en saints canonisés par l'Église. Mais quand nous serons dans l'éternité, nous verrons que, dans la longue histoire chrétienne de Zadar, ont vécu une multitude de saintes personnes qui peuvent être pour nous des modèles et des intercesseurs. L'une d'elles est Angelica Salghetti-Drioli, née Isola, sainte femme et mère, ainsi que son époux Frane.
« Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Lc 24,16)
Récemment, dans une maison de retraite en Angleterre, les soignantes ont offert pour son anniversaire un cadeau inhabituel à un veuf de 94 ans. Un petit oreiller. L'oreiller que lui avaient offert les soignantes portait la photo de sa défunte épouse. Il l'areconnue.
Alors Yahvé Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul : je vais lui faire une aide qui lui soit assortie. »(Gn 2,18)
Cette parole de Dieu nous introduit dans le monde biblique des couples. Pourquoi Dieu dit-il que la solitude n'est pas bonne ? Parce que dans la solitude, nous ne pouvons ni aimer ni être aimés. Dès le commencement, dès la création du monde, nous contemplons le merveilleux dessein de Dieu. Dieu veut que l'homme existe en ce monde comme homme et femme. Cette différence mystérieuse de l'homme et de la femme lui est infiniment chère.
« Le mariage est comme le tango, chacun danse à sa façon et tout semble parfaitement harmonisé »
Alors que nous sommes contraints d'être l'un près de l'autre plus que d'habitude, les conflits ne frappent pas à la porte, ils font irruption sans y être invités. C'est peut-être maintenant le bon moment pour les « accueillir », les asseoir à notre table et enfin établir des règles de comportement, pour nous protéger de leur intrusion destructrice dans nos vies.